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Publié par : Doudou Sow | 15 décembre 2014

La responsabilisation des immigrants dans la démarche de recherche d’emploi ou l’autonomie des personnes immigrantes dans le processus de recherche d’emploi

Chercheur d'emploi immigrantDans certains documents ou formulaires de consentement en matière de renseignements personnels, transmission de CV et participation, les organismes communautaires informent le participant que le service d’aide à l’intégration en emploi n’est pas une agence de placement. On peut évoquer deux aspects là‑dessus : la responsabilisation du chercheur d’emploi dans ses démarches et la philosophie d’action du communautaire.

Les conseillers en emploi appliquent intelligemment la citation du philosophe chinois Confucius selon laquelle : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ». Ce penseur insistait sur la capacité de l’individu à se prendre en charge (l’« empowerment ») afin de lui permettre de voler de ses propres ailes.

L’organisme de développement de l’employabilité Destination Travail/Carrefour Jeunesse-Emploi de Lasalle retrace dans un document promotionnel l’historique des clubs de recherche d’emploi pour des groupes de dix à douze personnes s’étalant souvent sur une période de quatre semaines :

« C’est une méthode dynamique de recherche d’emploi qui fonctionne selon une approche “behavioriste”, mettant l’accent sur la confiance, le renforcement positif, l’action et la minimisation des obstacles à la recherche d’emploi.

« Ces techniques ont été mises sur pied par le Dr. Nathan Azrin au début des années 1970. Elles ont été développées et expérimentées dans des Centres d’Emploi du Canada en Ontario en 1982 et adoptées par la suite par M. Arthur Mills (Emploi et Immigration Canada). »

Les immigrants chercheurs d’emploi ne sont pas habitués à faire une préparation des techniques de recherche d’emploi. Et, pour cette raison, ces derniers pensent que les conseillers en emploi doivent leur trouver très rapidement un emploi qualifié. Même si certains organismes communautaires insistent sur le fait qu’ils ne sont pas des agences de placement, certaines personnes immigrantes soutiennent avec la dernière énergie que les conseillers en emploi sont payés pour leur trouver un emploi. Certains immigrants se demandent même à quoi servent les subventions du ministère de l’Immigration ou d’Emploi-Québec si les conseillers en emploi ne leur permettent pas de trouver un emploi. Ceux qui ne font pas preuve de tact lancent même à certains conseillers en emploi et fonctionnaires de l’immigration des propos du genre : ″Si vous êtes là, c’est parce que vous me le devez″. Ils vont plus loin en disant qu’ils pourraient se débrouiller eux-mêmes et faire leur propre CV au lieu de passer trois ou quatre semaines à « blablater ». Cette tendance, même si elle est minoritaire, est très radicale dans la façon de concevoir la philosophie des ateliers de recherche d’emploi au Québec.

Nous sommes d’accord que certaines personnes immigrantes ont une facilité de compréhension très rapide des techniques de recherche d’emploi et de la société dans son ensemble. Toutefois, cela ne les exempte nullement de suivre le processus classique de tout nouvel arrivant qui veut se trouver un emploi, mais aussi de s’intégrer pleinement dans la société au sens véritable du terme.

La relation que le conseiller en emploi entretient avec le participant est plus qu’essentiel. Les conseillers en emploi encouragent les immigrants à effectuer des visites exploratoires dans les entreprises et les accompagnent surtout dans les premières semaines d’intégration. Les chercheurs d’emploi doivent toujours démontrer aux employeurs qu’ils ont été efficaces face à de nombreuses situations. Le conseiller en emploi qui travaille sur des besoins précis du candidat lui rappelle l’importance du savoir-agir (action, situation et résultats), une demande de plus en plus exprimée par les employeurs.

L‘expertise technique du participant peut se mesurer subjectivement par le conseiller en emploi à travers les outils, comme Repères, Information sur le marché du travail (IMT) d’Emploi-Québec, les offres d’emploi, la version originale du CV, Inforoute FPT, Métiers Québec, Google, etc. Le conseiller en emploi doit mettre en valeur les compétences transférables et les valeurs qui ont du sens en rapport avec le poste convoité.

Pour démontrer leur autonomie, les chercheurs d’emploi immigrants peuvent se rendre directement sur les sites Internet pour s’imprégner de la description de l’entreprise, identifier la mission et les valeurs de l’entreprise pour bien se familiariser à la question : Pourquoi voulez-vous travailler pour notre entreprise?

En allant sur des sites d’entreprises ou des comités sectoriels de main-d’œuvre, ils peuvent s’inscrire en ligne et s’abonner afin de recevoir des publications des nouvelles de l’industrie ou du secteur, des capsules électroniques qui pourraient améliorer leurs connaissances du secteur d’activité tout en s’informant des dernières nouvelles du secteur qui change de jour en jour. Ils doivent créer une fiche Excel pour répertorier les différentes candidatures afin de se rappeler des candidatures et des commentaires puisqu’au début, les immigrants envoient, dans tous les sens du terme, des tonnes de candidatures.

En plus des conseils des intervenants communautaires, ils peuvent se renseigner à travers certaines rubriques consacrées à l’emploi des journaux comme 24h, Métro, Les affaires, les sites comme Jobboom, Workopolis, les sites spécialisés, les comités sectoriels de main-d’œuvre, les associations professionnelles. Ils peuvent également lire des rubriques carrières, des blogues spécialisés en emploi pour se tenir informés des pratiques gagnantes de la recherche d’emploi.

Une bonne organisation nécessite un aménagement des horaires de travail s’ils occupent un poste dans un centre d’appels ou une autre « jobine ». Le suivi personnalisé est important, mais il faut que les immigrants fassent aussi leur part en donnant de leurs nouvelles et en ne baissant pas trop facilement les bras.

Certains chercheurs d’emploi immigrants, à force d’essuyer des refus, peuvent tomber dans une attitude de quémandeurs d’emploi. Les employeurs regardent si le profil correspond aux exigences du poste et recrutent des personnes pouvant apporter une valeur ajoutée à l’entreprise.

Devant la concurrence, les nouveaux arrivants doivent toujours redoubler d’ingéniosité pour sortir du lot des chercheurs d’emploi traditionnels.

Sur le même sujet, lire le prochain texte Limites de l’intervention des conseillers en emploi

Ce texte est extrait  de mon  livre « Intégration : une responsabilité partagée entre la personne immigrante et la société d’accueil » paru le 2 avril 2014.

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