Publié par : Doudou Sow | 5 décembre 2014

Collaboration entre différents partenaires pour faciliter l’intégration des immigrants à l’Ordre des ingénieurs du Québec

CITIM-BR_Foire emploiL’adaptation des compétences des personnes appartenant à des professions et métiers réglementés en contexte québécois permettrait par différentes mesures de faciliter une meilleure insertion des professionnels immigrants. Bref, le but poursuivi par certains ordres professionnels, avec la mise en place des outils (Lire à ce sujet l’article Les outils pour une meilleure évaluation des compétences professionnelles des personnes immigrantes http://goo.gl/pxyDV3), est de faciliter l’intégration professionnelle des immigrants diplômés à l’étranger.

En ce qui concerne les diplômés en génie, il existe un programme d’intégration à l’Ordre des ingénieurs du Québec. La Clef pour l’intégration au travail des immigrants (CITIM), l’organisme qui collabore depuis plusieurs années avec l’Ordre des ingénieurs du Québec, l’École polytechnique de Montréal et Emploi-Québec nous apprend via son site Internet que : « Ce programme s’adresse à toutes les personnes qui ont obtenu un diplôme d’ingénieur dans leur pays d’origine et qui désirent exercer la profession d’ingénieur au Québec. »

En ce qui concerne les procédures, « la CITIM accompagne le candidat dans ses démarches administratives à l’OIQ mais aussi lui permet de suivre une formation à l’École Polytechnique de Montréal pour qu’il puisse mettre à jour ses connaissances et être mieux préparé aux examens que l’Ordre lui aura prescrits. La formation dans le cadre du programme de « Perfectionnement en ingénierie pour les diplômés de l’étranger » offert par l’École Polytechnique débute à la session d’été-automne (mai ou août) et à la session d’hiver (janvier) de chaque année. »

Toujours selon le portail Internet de cet organisme, « le nombre de place[s] est limité à 150 participants par année, un certain nombre de conditions sont à respecter pour bénéficier de ce programme qui accorde un support financier d’Emploi-Québec[1] ». À travers ces informations, on peut identifier un certain nombre de problèmes malgré toute la bonne volonté de l’un des meilleurs organismes dédiés à l’intégration des personnes immigrantes : peu de places disponibles (financement de 150 places par Emploi-Québec) alors que l’on sait que le Québec accueille par année entre 2 000 et 2 500 ingénieurs immigrants, démarches qui peuvent être longues (un an et demi), difficultés de trouver un emploi même après la formation, d’où la nécessité de sensibiliser davantage les employeurs québécois, comme l’a souvent fait remarquer Yann Hairaud, le directeur général de la CITIM, anciennement connu sous le nom de AMPE-CITI, un organisme fondé en 1986.

L’Ordre des ingénieurs du Québec indique aux ingénieurs immigrants le nombre d’examens à faire et l’École polytechnique de Montréal (ÉPM) leur offre l’accès à des cours techniques pour préparer ces examens. Certains ingénieurs immigrants qui font le certificat abandonnent parfois le cours une fois qu’ils ont obtenu ou réussi  leurs examens. Ils trouvent moins valorisant le fait de détenir un diplôme universitaire et d’avoir à faire un certificat, un diplôme inférieur à celui qu’ils possèdent déjà. L’École de technologie supérieure (ÉTS) a compris cette problématique et propose aussi une maîtrise en génie. Même s’il y a une réflexion à faire au niveau du taux d’abandon de la formation au certificat, il convient de noter que les immigrants peuvent bénéficier, grâce à un certificat ou une attestation de l’EPM, d’une crédibilité ou d’un réseau leur permettant de décrocher un emploi.

Toujours dans le cadre de ce programme réservé aux ingénieurs formés à l’étranger, on pouvait également lire dans une publicité de la CITIM intitulée « Ingénieur(e)  :  Trouver un emploi en génie! » que cet organisme offre aux candidats : « Une formation de perfectionnement à Polytechnique Montréal, l’accès à l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), le réseautage avec les employeurs du domaine du génie, la publication [du profil du candidat] auprès des gestionnaires et des recruteurs de firmes du génie ».

Au niveau de l’Ordre des ingénieurs du Québec, un questionnaire en ligne permet aux immigrants de faire une autoappréciation de leurs compétences. La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, avait même reconnu dans le cadre de l’étude des crédits budgétaires 2012-2013 du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC ancienne appellation), volet Immigration, que les ordres professionnels progressent différemment et tirait son chapeau à l’OIQ : « Je vous donne quelques exemples parce qu’on a signé plusieurs ententes avec l’ordre des ingénieurs. Je vous dirais que, de tous les ordres, c’est peut-être l’ordre des ingénieurs qui a fait les avancées les plus intéressantes. Et on nous dit qu’actuellement les demandes adressées par les ingénieurs formés à l’étranger représentent 30 % des demandes d’inscription à l’ordre, soit plus de 1 000 en 2010‑2011[2] ». Cette information est confirmée dans un article du journal Les Affaires : « L’Ordre des ingénieurs du Québec est le plus sollicité. Tous les ans, il reçoit 1 500 demandes de la part de travailleurs étrangers souhaitant exercés [sic] au Québec. “Nous recevons deux fois plus de demandes que les infirmières et huit fois plus que les pharmaciens!” mentionne Daniel Lebel, président de l’OIQ[3] ».

Soulignons également que « L’Ordre des ingénieurs du Québec est le premier ordre professionnel à signer une entente avec la France en matière de mobilité de la main-d’œuvre[4] ».

Le schéma de l’OIQ « Cheminement pour obtenir le permis d’ingénieur au Québec » résume les différentes démarches pour l’accès au titre de membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Dans ce document de l’OIQ, il est clairement indiqué que : « Seules les personnes titulaires d’un permis délivré par le Bureau de l’Ordre des ingénieurs du Québec et inscrites au tableau en tant qu’ingénieur peuvent utiliser le titre d’ingénieur et exercer les activités professionnelles réservées à l’ingénieur ». Le même document précise également à la deuxième page que : « Plusieurs lois et règlements encadrent l’exercice des professions au Québec. La profession d’ingénieur ne fait pas exception. Le Code des professions, la Loi sur les ingénieurs, la Charte de la langue française et une quinzaine de règlements régissent les activités professionnelles des ingénieurs ».

Le dépliant de la Clef pour l’intégration au travail des immigrants (CITIM) « Devenez membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec » donne des informations utiles au candidat immigrant ingénieur sur l’admissibilité au programme de Perfectionnement en ingénierie des diplômés en génie de l’étranger, les conditions de participation, les informations sur les deux volets du dudit programme (le certificat en 30 crédits, le programme court de 15 crédits) et enfin les objectifs visés. Cet organisme spécialisé dans l’accompagnement et l’intégration des ingénieurs immigrants collabore avec Emploi-Québec, l’Ordre des ingénieurs du Québec et la Polytechnique de Montréal.

Les sites donnent en général les critères pour l’accès à la profession et le fonctionnement des ordres professionnels. Ce qui est une bonne idée, certes, mais le fonctionnement serait mieux expliqué par des contacts physiques (mentorat ou tutorat). La spécialisation de certains organismes dans des programmes leur permet de développer une expertise dans des domaines précis.

En définitive, le projet de tutorat (Hirondelle avec le programme des infirmières et la Clef pour l’intégration au travail des immigrants (CITIM) avec les ingénieurs, (collaboration depuis 1995 entre l’Ordre des ingénieurs du Québec, l’École polytechnique de Montréal, le Cégep de Saint-Laurent et Compétences Montréal), Carrefour BLE avec les agronomes immigrants, ou le CJE Bourassa-Sauvé avec le programme Mentorat ou Mentorat Montréal avec la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal) demeure une voie royale permettant aux immigrants de connaître les exigences de leur métier, mais aussi de combler les lacunes culturelles.

[1] En ligne, http://www.citim.org/siteweb/content/dipl%C3%B4m%C3%A9s-en-g%C3%A9nie

[2] Kathleen Weil, « Étude des crédits budgétaires 2012-2013 du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, volet Immigration)», Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens, Version préliminaire, vol. 42, « 39e législature, 2e session (23 février 2011  au 2011  au 1er août 2012) », no 34, 26 avril 2012 (lire en ligne). http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/crc-39-2/journal-debats/CRC-120426-2.html[Consulté le 7 juin 2012]

[3] Julie Roy, « Les professions facilitent l’accès des immigrants », Les Affaires, 19 janvier 2013.

[4] ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC. L’Ordre des ingénieurs du Québec est le premier ordre professionnel à signer une entente avec la France en matière de mobilité de la main-d’œuvre : Communiqué de presse,  17 octobre 2008.

 


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