Publié par : Doudou Sow | 19 novembre 2014

Compétences Montréal, SÉRACIM et Certifié compétent : Des acteurs de premier plan pour la RAC

Photo étapes Compétences MontréalLa reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) prend en compte les expériences de travail en lien avec la formation. Elle permet d’accéder à un diplôme qui atteste les compétences de l’individu même si elle ne garantit pas un emploi à la fin de la formation ou à la fin du parcours.

L’île de Montréal compte douze collèges publics dont neuf francophones et trois anglophones.

Reconnaissance des acquis au niveau collégial : un exemple de bonnes pratiques

L’harmonisation et la complémentarité des informations sur le processus de reconnaissance des acquis ont guidé la création de Compétences Montréal. Cet organisme devient ainsi un guichet unique qui reste la porte d’entrée concernant la reconnaissance des acquis dans le domaine collégial.

Les collèges ont une longueur d’avance sur les universités en ce qui a trait à la question de la reconnaissance des acquis. Les cégeps ont commencé à concevoir ou offrir des programmes spécialement pour les nouveaux arrivants en tenant compte des besoins particuliers. Par exemple, certains cégeps ont commencé dans cette voie (le Cégep André-Laurendeau : reconnaissance des acquis dans le domaine de la bureautique, le service dans la logistique de transport, les courtiers immobiliers; le Collège de Rosemont : profession de technologiste médical, programme d’intégration pour les inhalothérapeutes, en collaboration avec l’ordre professionnel, etc.). Ce changement est le  fruit d’une entente entre Emploi-Québec, les ordres professionnels et l’institution d’enseignement.

Dans son document promotionnel « Compétent, expérimenté, mais sans diplôme? Faites reconnaître vos acquis et vos compétences par un cégep montréalais », le centre Compétences Montréal donne des raisons pertinentes pour lesquelles les personnes doivent faire reconnaître leurs compétences : « obtenir une certification reconnue partout au Québec; améliorer [leurs] conditions de travail; décrocher un emploi dans [leur] domaine; perfectionner [leurs] connaissances reliées à [leur] profession; faciliter [leur] réorientation de carrière ».

Le Centre collégial montréalais de reconnaissance des acquis et des compétences, qui a pour crédo « Un plan vers l’emploi », a pour principal rôle « [d’]informer et [de] guider [la personne] en vue de faire évaluer et reconnaître [ses] compétences acquises par [ses] expériences de vie et de travail, et cela, en fonction d’un programme d’études collégiales officiellement reconnu par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport[ du Québec] ».

Le schéma Cheminement de la clientèle – Reconnaissance des compétences et qualification d’Emploi-Québec indique explicitement les voies à suivre pour :

  • Le Programme d’apprentissage en milieu de travail (PAMT) en ce qui concerne la formation et l’obtention d’un certificat de qualification professionnelle.
  • La reconnaissance des compétences en vue d’obtenir un certificat de qualification professionnelle du MESS.
  • La reconnaissance des acquis et des compétences pour l’obtention d’un diplôme du MELS.

En ce qui concerne le troisième point, nous pouvons dire qu’il y a place à l’amélioration.

Les immigrants qui souhaitent faire reconnaître leurs compétences et acquis peuvent se faire aider au niveau de la préparation de dossiers (et d’accompagnement) auprès de Compétences Montréal pour le niveau collégial (DEC et AEC) qui réfère le dossier au collège concerné.

Le Service d’évaluation et de reconnaissance des acquis et des compétences de l’Île de Montréal (SÉRACIM) pour le niveau DEP réfère le dossier à la commission scolaire. Des séances d’information gratuites sont offertes aux nouveaux arrivants pour leur permettre de mieux apprivoiser le cheminement vers l’obtention d’un diplôme du MELS.

Il est indiqué dans le schéma cité ci-haut, qu’après la référence des dossiers du candidat par le SÉRACIM ou Compétences Montréal, selon le niveau souhaité : « La commission scolaire et le collège doivent analyser le dossier, reconnaître les acquis et compétences, donner la formation manquante et émettre la sanction ». La réussite du retour aux études pour une formation manquante ou l’acquisition de nouvelles compétences demeure souvent un tremplin pour accéder à un emploi convenable.

Compétences Montréal devient un guichet unique qui oriente les immigrants vers une personne ressource. Compétences Montréal et SÉRACIM permettent à la personne immigrante d’avoir une formation très précise par des programmes de formation professionnelle (métiers) et technique (obtention du DEC).

Reconnaissance des acquis au niveau scolaire : SÉRACIM

Au niveau des commissions scolaires de l’île  de Montréal, la reconnaissance des acquis et des compétences pour une formation professionnelle se fait par le biais du Service d’évaluation et de reconnaissance des acquis et des compétences de l’île de Montréal (SÉRACIM).

SÉRACIM, qui regroupe les commissions scolaires, joue un rôle d’accueil, d’information et d’accompagnement.

La démarche de Reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (RCMO), qui est moins bien connue, conduit à un certificat de qualification signé par le ministère de l’Emploi.

Évaluation et reconnaissance des compétences professionnelles : Certifié compétent

Certifié compétent est mandaté par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour la démarche de reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (RCMO) des travailleurs. Le processus est différent de la démarche de reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). On peut retrouver la différence des processus à travers le site de Certifié compétent (processus d’évaluation et de reconnaissance des compétences professionnelles) http://www.certifiecompetent.com/.

Certifié compétent a comme objectif de reconnaître l’ensemble, ou une partie, des compétences d’un individu. Il existe deux systèmes de qualification sanctionnés par une reconnaissance officielle des institutions québécoises qui peuvent prendre la forme d’une formation par le biais de l’éducation ou des démarches de reconnaissance des qualifications (normes professionnelles). En d’autres termes, la personne immigrante peut obtenir un diplôme par le biais de programmes d’études sous la supervision du ministère de l’Éducation ou faire des démarches pour reconnaître ses compétences via des organisations de réglementation des normes professionnelles. Dans les deux cas, la personne immigrante doit démontrer qu’elle a les connaissances nécessaires ou les compétences pour ne pas reprendre certains cours ou crédits ou obtenir une certification professionnelle.

Les mises en situation permettent ainsi aux institutions d’enseignement ou de réglementation de tester, en grandeur nature, les capacités réelles de la personne immigrante (p. ex. : monter un site Web, monter et démonter une pièce automobile, etc.). Nous sommes, dans ce cadre, dans des mises en situation et non des spéculations théoriques. Réaliser des mandats donnés par les employeurs peut donc être une façon d’évaluer les candidats.

Dans le document de promotion de Certifié Compétent, il est indiqué que le processus d’évaluation et de reconnaissance des compétences professionnelles s’adresse « aux gens de métier, en emploi ou non, diplômés ou non et qui possèdent une expérience de deux à trois ans dans le métier pour lequel ils veulent obtenir un Certificat de qualification professionnelle ». Les métiers qui ont une norme professionnelle pour lesquels la personne doit faire une démarche de Reconnaissance des Compétences de la Main-d’œuvre (RCMO) sont disponibles sur le site www.certifiecompetent.com.

Le certificat de qualification professionnelle par le processus d’évaluation et de reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre est décerné par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, plus communément appelé Emploi-Québec. Le certificat de qualification professionnelle « atteste que le travailleur maîtrise toutes les compétences nécessaires à l’exercice de son métier ».

La personne intéressée à suivre la démarche de Reconnaissance des Compétences de la Main‑d’œuvre (RCMO) doit s’informer « pour le travailleur en emploi dans son domaine : directement à son comité sectoriel de main-d’œuvre et auprès de son employeur et pour le travailleur sans emploi ou dont l’employeur ne peut supporter la démarche : [à] Compétences Montréal [et] son Centre local d’emploi(CLE) ».

Les personnes intéressées doivent regarder la liste des métiers pour lesquels il existe des normes professionnelles. L’obtention de cette certification devient souvent un atout permettant à la personne de mettre en valeur un certain nombre de compétences afin d’intégrer une grande entreprise.

Hormis les ordres professionnels, les immigrants qui souhaitent travailler comme soudeur, plombier, mécanicien automobile ou enseignant doivent s’adresser à des organismes de réglementation ayant également leurs propres exigences pour l’obtention d’une carte de compétence ou d’un certificat de qualification ou d’un permis d’enseigner. Il existe également des métiers réglementés de l’industrie de la construction qui sont bien répertoriés par le site du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/emploi/professions-metiers/metiers-construction.html, permettant d’avoir une idée sur « le cadre légal et réglementaire du Québec, les métiers et les occupations, l’apprentissage, les certificats de compétence-apprenti, l’examen de qualification provincial, le certificat de compétence-compagnon, le certificat de compétence-occupation, la révision d’une décision, des conseils pratiques et des liens utiles ».

Le guide d’intervention à l’intention des intervenantes et intervenants auprès des personnes immigrantes (version 2011-2012) du Comité d’adaptation de la main-d’œuvre – Personnes immigrantes (CAMO-PI), est un très bon outil permettant aux professionnels du counseling de disposer dans un même document de toutes les informations pertinentes relatives à la reconnaissance des acquis et des compétences. Comme il est mentionné dans la présentation du guide qui a obtenu le « Prix canadien de la reconnaissance des acquis (CAPLA 2010) », cinq grands chapitres donnent une très bonne idée de la problématique, mais aussi identifient la complémentarité des services offerts aux personnes immigrantes : « Le besoin d’information sur l’exercice des professions et des métiers réglementés; le besoin de faire valider sa formation acquise hors Québec; le besoin de faire attester sa formation et ses compétences; le besoin de formation; le besoin d’acquérir de l’expérience en emploi[1] ».

Un autre exemple de bons coups qu’il faudra davantage étudier reste le programme du Collège Maisonneuve qui délivre des « attestations de compétences » et non des diplômes. L’originalité de ce programme se mesure à travers la participation de l’industrie à la conception de programmes : études par compétences différentes des universités qui font des formations par contenus. Un processus de reconnaissance et non de formation se décline dans une démarche favorisant l’employabilité de la personne immigrante plutôt que l’acquisition d’un diplôme (pas d’examens, mais des démonstrations).

La personne reçoit une « attestation de compétences » qui atteste à un employeur l’expertise et les compétences spécifiques démontrées. Ce faisant, cet outil aide les employeurs dans un processus d’embauche. Vint-cinq entreprises ont participé à ce projet pilote et ont fourni des descriptifs de compétences, ce qui démontre un travail de concertation.

Cette démarche permet à la personne immigrante (informatique) d’identifier clairement ses compétences. Même dans des projets jugés innovateurs et pertinents, un constat reste le même : le taux de chômage des immigrants est deux fois supérieur à celui des natifs et, de surcroît, dans une discipline internationale. Ce que nous avions souligné lors de la brillante présentation des acteurs du Collège Maisonneuve dans le cadre du salon de l’emploi et de l’immigration organisé par Immigrant Québec : « Les activités d’intégration socioprofessionnelle » : «  Les résultats du projet pilote en quelques chiffres » (2012), Source CEM 2011 », professions TIC : taux de chômage non‑immigrants : 3,3 % et immigrants : 6,1 %.

L’importance et l’originalité de cette démarche se mesurent également dans la durée, (activités entre trois et neuf mois pour compléter les démarches, deux ou trois fois par semaine en laboratoire), qui varie d’une personne à une autre. Un suivi du profil individuel et non du groupe qui est différent des démarches du Collège et SÉRACIM.

Cette démarche d’ « attestation de compétences » peut également déboucher sur la nécessité de compléter une formation par le DEC pour permettre à la personne immigrante de combler les compétences manquantes.

En définitive, dans le processus de la RAC, la personne immigrante doit faire la démonstration qu’elle possède les compétences de la formation afin que les institutions d’enseignement lui reconnaissent les acquis. Le processus de reconnaissance des acquis, qui se fait de façon individuelle, se base sur le profil de la personne qui doit démontrer en grandeur nature ce qu’elle peut faire, disons une preuve formelle.

Dans tous les pays, les diplômes ont, certes, des valeurs différentes en fonction de la réputation de l’institut d’enseignement. Mais, comme le mentionnait Jean-Louis Roy, ex-secrétaire général de l’Agence de la francophonie, la logique du bon sens devrait prévaloir dans la sélection des diplômes effectuée par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) et leur reconnaissance par les différents acteurs institutionnels québécois. L’harmonisation de tous les processus de reconnaissance ainsi que les grilles de reconnaissance facilitent les démarches des professions réglementées.

[1] Comité d’adaptation de la main-d ’œuvre-Personnes immigrantes (CAMO-PI), Guide d’intervention à l’intention des intervenantes et intervenants auprès des personnes immigrantes, version 2011-2012, Tournée régionale de sensibilisation et d’information sur la reconnaissance des acquis et des compétences (TRRAC), Montréal, 2011, p.5, 57 p.


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