Publié par : Doudou Sow | 30 septembre 2014

Le milieu de travail, comme espace de socialisation et d’ouverture à la société d’accueil

integration03L’emploi est le premier facteur socialisateur et intégrateur de l’immigrant dans la société québécoise. Le milieu de travail, comme espace de socialisation et d’ouverture à la société d’accueil, constitue une référence identitaire inclusive.

Le milieu de travail permet, aussi bien à l’immigrant qu’au Québécois, de se découvrir mutuellement, de briser les barrières. Il est le lieu d’apprentissage de la culture québécoise. Le travail, facteur de socialisation, amène à réfléchir et à épouser les traits culturels de la société d’accueil. L’approche gagnante de l’intégration passe à la fois par une insertion et un maintien en emploi, mais aussi par une adhésion aux valeurs de la société québécoise.

Il serait inapproprié d’affirmer que tous les immigrants ne veulent rien savoir de la culture québécoise. La généralisation devient abusive à ce moment-là. L’apprentissage de la culture québécoise est un élément fondamental dans l’intégration socioprofessionnelle de l’immigrant. Il est une condition sine qua non dans le cheminement d’une intégration réussie. Il est important de comprendre la culture organisationnelle, la manière d’interagir avec les membres de l’équipe, ce qui aide l’immigrant à donner une première bonne impression à l’employeur.

Les immigrants ont absolument besoin de comprendre davantage les spécificités de la société québécoise (son histoire, ses valeurs fondamentales, les us et coutumes, etc.) afin de bien aborder leurs interlocuteurs qui se trouvent être les employeurs. Dans notre article intitulé « Le mentorat, une valeur ajoutée à la cohésion sociale », nous défendons le point de vue suivant lequel le mentorat, qui permet de décrypter certains codes culturels, devrait être adapté à une réalité interculturelle. Un rapprochement interculturel permet de rompre l’isolement de ces néo-Québécois, qui sont parfois isolés et, par définition, sont en difficulté vis-à-vis de la société (le chômage), vis-à-vis de la recherche d’emploi (ils ne connaissent pas les spécificités du monde du travail québécois, ils viennent juste d’arriver et vivent des problèmes d’acculturation, ils ne maîtrisent pas encore les méthodes dynamiques de recherche d’emploi, ils ne savent pas bien se vendre lors des entrevues, etc.).

La création du lien social rompt l’isolement et atténue le sentiment de découragement qui peut naître chez les immigrants. Comme la recherche d’emploi est un véritable parcours du combattant, le mentoré a parfois besoin d’une « petite tape dans le dos » encourageante. Cette approche psychosociale apporte une certaine confiance à l’immigrant.

L’immigrant perçoit chez le Québécois [de souche] une ouverture et une certaine volonté de l’aider à trouver son propre chemin. Ce coup de main renforce davantage le développement du sentiment d’appartenance à la société d’accueil, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. L’éthique de la solidarité et du principe « du donner et du recevoir » constitue le ciment de ces initiatives citoyennes.

Les immigrants doivent, certes, faire des efforts pour s’intégrer culturellement, mais la société d’accueil a aussi la responsabilité de les aider à réussir une intégration économique et sociale. En clair, une personne immigrante doit aller vers le Québécois, mais ce dernier doit aussi s’ouvrir à elle.

Le lien entre la langue et l’emploi est, sans nul doute, au cœur du processus d’intégration des personnes immigrantes. Un emploi en français correspondant à la hauteur des compétences et qualifications de l’immigrant constitue une intégration économique et culturelle réussie. L’intégration pleine et entière de l’immigrant se mesure à l’insertion en emploi à la hauteur de ses compétences.

Le rapport entre la maîtrise de la langue et l’intégration peut se révéler intéressant, mais pas tout le temps efficace au niveau de l’obtention d’un emploi. Pour preuve, le taux de chômage le plus élevé est observé chez des personnes qui maîtrisent très bien la langue française, à savoir les Maghrébins et les Noirs africains francophones.

Pour développer le sentiment d’appartenance des personnes immigrantes à la société québécoise, il demeure évident que la question de l’emploi constitue un paramètre incontournable.

L’auteur est sociologue-blogueur, conférencier et consultant. Il a publié en avril 2014 deux livres sur la question de l’intégration professionnelle des personnes immigrantes.


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