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Publié par : Doudou Sow | 8 septembre 2014

Une tentative de mieux définir l’interculturalisme : Le symposium comme ballon d’essai

Doudou Sow sociologue,Le modèle québécois d’intégration basé sur l’interculturalisme ou la philosophie de l’interculturalité entraîne la sélection de personnes très scolarisées. Ces mêmes personnes élèveront leurs enfants en les incitant à aller à l’école, mais aussi à participer à un débat intellectuel sur tous les enjeux de la société québécoise.

Il existe une tentative de mieux définir l’interculturalisme et nous considérons le symposium international comme un ballon d’essai dans le sens d’une meilleure prise en compte des préoccupations de la population locale et des personnes immigrantes. Cet interculturalisme qui ne se limite pas simplement à la culture va englober la question de l’intégration en emploi, le racisme et son corollaire la discrimination, le profilage racial, les pratiques d’accommodements raisonnables, bref la gestion de la diversité.

Dans ce cadre, comme le soulignait l’historien, sociologue et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, Gérard Bouchard : « Interculturalisme 2011 – L’avenir culturel de la nation québécoise » : « L’interculturalisme, comme modèle de pluralisme, tend à renforcer la nation québécoise, et non à l’affaiblir ».

 

Gérard Bouchard qui présentait sa vision de l’interculturalisme québécois dans le cadre du symposium international sur l’interculturalisme, un dialogue Québec-Europe, qui s’était tenu à Montréal du 25 au 27 mai 2011, insistait également sur les valeurs ou critères comme la démocratie, la justice sociale, etc. Selon lui, il faut rechercher l’équilibre et une certaine médiation encadrée par la nécessité de protéger la culture francophone fondatrice, culture minoritaire et culture commune. Selon lui, il faut éviter que le Québec ne se fragmente culturellement et socialement, ce que l’on reproche au multiculturalisme.

Le multiculturalisme a montré ses limites tout comme l’assimilationnisme. De ce point de vue, l’interculturalisme reste l’entre-deux. Il devient un modèle d’intégration viable et durable si les conditions de l’intégration en emploi des personnes immigrantes et le respect des valeurs de la société sont réunies. Il devient un contrat social que les deux parties ont mutuellement intérêt à respecter et à préserver pour un vivre-ensemble harmonieux.

La vision de Gérard Bouchard de l’interculturalisme dépasse la question de la langue et inclut la question sociétale de l’intégration des nouveaux arrivants. Bouchard est obligé de jouer à l’équilibriste puisque certains Québécois lui reprochent de plus en plus de plaire aux immigrants et de se déconnecter de la réalité québécoise. Certains lui reprochent de rejeter la faute des échecs de l’intégration aux immigrants sur la « majorité ». Que l’on soit d’accord ou pas avec lui, Gérard Bouchard contribue grandement au débat de société québécois.

Le symposium a martelé que le dialogue interculturel est la responsabilité de chacun. C’est l’une de ses conclusions. Il faut également contextualiser les concepts de multiculturalisme et d’interculturalisme qui prennent leurs sens selon l’histoire, la politique, l’idéal de la société, bref une vision politique qui ne se limite pas simplement à une doctrine figée, mais à un concept évolutif.

Dans ce dialogue des cultures, il faut que les Québécois reconnaissent que les immigrants ont des aspects culturels intéressants à leur faire découvrir. Loin du folklore, il convient de signaler que l’Afrique peut enseigner le sens de la famille, de la solidarité interpersonnelle et du respect des personnes âgées. (Pour aller plus loin sur ce point de vue, lire  ces deux articles https://doudousow.wordpress.com/2013/10/18/802/ et https://doudousow.wordpress.com/2014/09/08/le-respect-des-personnes-agees-un-apport-des-personnes-immigrantes-originaires-de-lafrique-subsaharienne-du-maghreb-et-dhaiti/).
Comme dans toute société, les individus vivent avec leurs ressemblances tout en ne niant pas leurs particularismes. La multiplication des programmes de sensibilisation à l’histoire et à la culture québécoise permettrait aux immigrants de comprendre les réalités socioculturelles et politiques de la seule province francophone du Canada.

L’adaptation culturelle, facteur de cohésion, est une quête permanente. Les spécialistes de la question de l’immigration s’entendent pour dire qu’il y a une période d’adaptation qui est nécessaire à l’intégration. Le repli identitaire est encouragé parfois par la difficulté des néo-Québécois à se trouver un emploi.Une contribution de la société à l’intégration des immigrants est salutaire dans la construction et la consolidation de la dynamique inclusive.

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