Publié par : Doudou Sow | 7 mars 2014

La métaphore du bateau vacillant menaçant la cohésion sociale

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La précarisation de l’emploi, les difficultés des femmes immigrantes « racisées », la question du chômage chronique et élevé chez les Maghrébins et les Noirs africains et la récurrente problématique des médecins étrangers risquent d’influer négativement sur le vivre-ensemble harmonieux.

Malgré les besoins criants dans différents domaines ou secteurs d’activité, certaines personnes immigrantes qualifiées ne se font pas embaucher, sous prétexte qu’elles ont acquis une expérience à l’étranger. Combien de fois le Québec s’est privé d’immigrants compétents à cause de la fermeture des ordres professionnels et des tracasseries administratives contraignantes! Dans un contexte de mondialisation du savoir et de compétition internationale féroce, il serait regrettable, voire inadmissible, que le Québec laisse filer les immigrants qu’il a lui-même sélectionnés pour aller dans les provinces anglophones ou ailleurs dans le monde. Le Québec devient ainsi une transition non-volontaire des immigrants francophones et francophiles vers les provinces anglophones.

L’étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) intitulée « Politiques et intégration au marché du travail » (Maude Boulet, Brahim Boudarbat), indique que le Québec intègre moins ses immigrants. Les immigrants vivant au Québec éprouvent de la difficulté à trouver du travail. L’étude « Les immigrants sur le marché canadien du travail en 2006 : premiers résultats de l’enquête sur la population active du Canada – Situation des immigrants sur le marché du travail, provinces et régions » démontre la différence Québec-provinces anglophones.

« En 2006, peu importe le nombre d’années depuis leur établissement, les immigrants du principal groupe d’âge actif vivant au Québec affichaient des taux d’emploi bien plus faibles que ceux de leurs homologues à l’échelle du pays. Les immigrants très récents du Québec se classaient au dernier rang au Canada pour ce qui est du taux d’emploi (59,3 %), soit 6,1 points de pourcentage de moins que le taux d’emploi national de cette catégorie d’immigrants […].»

On apprend toujours au sujet de cette étude que :
 

« C’est au Québec également que l’on observe l’écart le plus marqué entre le taux d’emploi des immigrants et celui des Québécois nés au Canada. En 2006, un écart de 22,6 points de pourcentage séparait les taux d’emploi des immigrants très récents du Québec et des Québécois nés au Canada. Cet écart, toutefois, est moins important dans le cas des immigrants récents (9,9 points de pourcentage). »

Les difficultés des immigrants sont amplement évoquées dans cette étude qui ajoute que :

« Le taux de chômage des immigrants vivant au Québec est nettement plus élevé que la moyenne nationale et que celui des immigrants établis dans les autres provinces. En effet, le taux de chômage des immigrants très récents du Québec était estimé à 17,8 % en 2006 (tableau 3), soit près de trois fois le taux de chômage de la population du Québec née au Canada (6,3 %). Dans le cas des immigrants récents, le taux de chômage est plus de deux fois supérieur à celui des Québécois nés au Canada (13,4 % c. 6,3 %). […] Le Québec rapporte, parmi l’ensemble des provinces, le taux le plus élevé d’immigrants aux études plutôt que sur le marché du travail (60 %). Cette particularité pourrait expliquer une partie de l’écart entre le taux d’emploi des immigrants du Québec et celui des Québécois nés au Canada, mais elle explique plus difficilement l’écart observé au chapitre du taux de chômage. Le pays de naissance des immigrants pourrait également contribuer à expliquer les taux de chômage plus élevés des immigrants du Québec par rapport à ceux des immigrants des autres provinces. Cette question fera l’objet d’un rapport ultérieur sur les immigrants et le marché du travail. […] Les immigrants des provinces de l’Atlantique se tirent bien d’affaire sur le marché du travail . »

Même s’il existe une forte demande de main-d’œuvre en Alberta, un programme de jumelage professionnel, des formations passerelles, l’utilisation d’une seule langue, on ne saurait ignorer le calvaire des immigrants.


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