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Publié par : Doudou Sow | 9 septembre 2013

Les Québécois et la religion : une histoire de « moi je ne t’aime pas non plus »

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Les Québécois gardent un gout amer de leur passé religieux catholique où tout était entre les mains du clergé religieux. En effet, voir une autre religion prendre une très grande place dans la société est quelque chose en soi qui les dérange souvent.

La société québécoise est ouverte à toute question, sauf à la question religieuse, et notamment, à la religion musulmane. Un très bel article « Résistance tenace envers l’islam au Québec » de Violaine Ballivy publié dans La Presse Canadienne qui reprenait le sondage de la firme Angus Reid,
« réalisé les 14 et 15 avril [2009] pour le compte du Magazine Maclean`s auprès de 1004 internautes canadiens, dont 280 Québécois […] indiquait que 45 % des Québécois affirment qu’il serait « inacceptable» que l’un de leurs enfants se marie avec un musulman, alors que ce taux n’atteint que 29 % dans le reste du pays [Canada]. Les Québécois sont aussi nombreux à désapprouver une union avec un sikh, un hindou, un bouddhiste ou un juif, bien que le phénomène soit moins marqué. […] Enfin, 74 % des Québécois croient que les lois et les normes du Canada ne devraient pas être modifiées pour faciliter les pratiques religieuses, soit 17 points de pourcentage de plus que dans le reste du pays. »
Comme ce sondage le laisse apparaitre, la société québécoise est réfractaire vis-à-vis de toutes les religions, en particulier la religion musulmane.

Le questionnement de l’Islam intervient dans tous les pays d’Europe et dans les pays nord-américains. L’islam au Canada et au Québec représente la troisième religion derrière le catholicisme et le protestantisme.

« Depuis les années 1960, la religion au Québec n’a plus la même place et la même importance ; la majorité des Québécois ont laissé tomber tous signes distinctifs de religion après avoir vécu « la grande noirceur des années Duplessis» . »

Les Québécois sont contre la façon dont certaines religions sont pratiquées, notamment le sexisme contenu dans toutes les religions monothéistes. Ils se montrent même critiques vis-à-vis de la religion chrétienne et de tout ce qui touche à l’orthodoxie religieuse.

« Diocèse de Montréal : Des églises sont à vendre au rabais », un titre qui nous renseigne sur l’abandon de la population québécoise à la pratique religieuse.

« Alors que seulement cinq églises catholiques dans le diocèse de Montréal étaient en vente il y a deux ans, une trentaine sont dorénavant sur le marché et ne parviennent pas à trouver preneur. Prix demandé : entre 300 000$ et 1M$. Désuètes, abandonnées, désertées, ces églises manquent d’argent et le diocèse n’a plus les moyens de les financer », poursuit Stéphane Tremblay, le journaliste de 24h.
Un autre article va dans ce sens « Avenir des églises : sur le déclin » : « Des 50 églises construites entre 1760 et 1860 à Montréal, seules 7 existent encore . »

Les Québécois ont certes souffert de leur passé religieux catholique, mais ils doivent admettre également qu’ils ont jeté le bébé avec l’eau du bain. Pendant ce temps, ils voient d’autres communautés défendre leur droit de pratiquer leur religion. De nos jours, ce sont les immigrants qui remplacent les Québécois dans les églises et qui en rachètent certaines qui n’auront pas servi pour des missions communautaires. Certaines même vont jusqu’à coloniser l’espace religieux catholique (forte présence des communautés dans les églises) et rachètent les églises qu’ils ont abandonnées.

23,9 % de la population canadienne se déclare « sans religion » comme le mentionnait un article du Journal Le Devoir Recensement 2011 – Déclin des confessions, multiplication des croyances .
« Au Québec, pas moins de 75 % les [sic] gens qui ont bien voulu répondre en 2011 se sont déclarés « catholiques ». Ils avaient été 83 % à le faire, dix ans auparavant, au recensement obligatoire. La baisse de cette appartenance y paraît lente. Mais à voir les églises vides et les lieux de culte « à vendre », une grande part de ce catholicisme tient moins de la foi chrétienne que de la culture traditionnelle d’une majorité de la population. La foi chrétienne qui subsiste aura pris, faut-il comprendre, d’autres formes d’engagement », souligne Jean-Claude Leclerc qui enseigne le journalisme à l’Université de Montréal et tient la chronique « Éthique et religions » au journal Le Devoir.
Les Québécois ont un rapport conflictuel même avec la religion catholique qui constituait l’essence de la spiritualité québécoise pour ne pas dire le marqueur de l’identité québécoise. Il suffit d’entendre les insultes ou blasphèmes qui viennent de la religion catholique pour s’en rendre compte : « Tabarnac ! Stie! Kaliss! Criss! Baptême! Cibouère ! Calvaire!, etc. . Ces insultes sont une indication du fait que les Québécois ont tourné le dos à la religion.

L’émission « Tout le monde en parlait » nous a fait connaître La censure cinématographique au Québec. Il existait, en effet, un Bureau de censure des vues animées (depuis les années 1925) pour protéger la morale religieuse dans les films .
Dans une contribution parue dans le journal La Presse, Jacques Leclerc conférencier et globe-trotter voulait faire comprendre à « ses amis musulmans » pourquoi les Québécois restaient opposés à la religion :

« Le Québec a été sous l’emprise de l’Église catholique pendant 400 ans. J’exagère à peine en disant que l’Église était pour nous l’équivalent des talibans chez vous. Tout comme vos extrémistes islamistes, on nous obligeait à aller prier à l’église sous peine de brûler en enfer. L’alcool était fortement déconseillé, la musique et les films faisaient l’objet de censure. Si les jeunes femmes avaient des relations sexuelles avant le mariage, elles se faisaient renier par leurs parents et étaient jetées à la rue. On leur arrachait leurs enfants des bras pour les confier à des orphelinats dirigés par… l’Église. Pendants (sic) ce temps, des religieux abusaient des petits enfants à l’orphelinat ou à l’école.

Il a fallu 400 ans au peuple québécois pour briser cette domination et rejeter ces dogmes et croyances ridicules. Croyez-vous que nous allons laisser une autre religion entrer dans nos vies et dans l’espace public ? Croyez-vous sincèrement que je suis à l’aise quand l’enseignante de ma petite fille porte un voile pour lui démontrer de manière sans équivoque sa croyance religieuse : « Tu vois moi, je suis meilleure que toi, je pratique ma religion ». Et comment pensez-vous que je vais réagir quand on lui imposera la nourriture halal au CPE ou à l’école ? Nous sommes maintenant un peuple libre, libéré de la religion. »

La Presse avait diffusé le 27 octobre 2009 un sondage Angus Reid Strategies-La Presse qui démontrait une fois de plus le refus des Québécois (68 %) envers les accommodements raisonnables, un an et demi après le dépôt du rapport Bouchard Taylor fin mai 2008. Les Québécois restent opposés aux accommodements, un article signé Louise Leduc. Le récent sondage Léger/Agence QMI après le balon d’essai sur la Charte des valeurs québécoises va dans le même sens.

La commission Bouchard-Taylor n’a pas réussi à sensibiliser et rassurer les Québécois sur la religion musulmane, que certaines personnes voient comme une religion « violente », sexiste et rétrograde. Mais en réalité, la religion musulmane n’est pas une religion violente, elle est une religion de paix et de coexistence harmonieuse. C’est l’interprétation polysémique qui donne cette impression. Le 11 septembre 2001 n’a pas aidé non plus les personnes occidentales, qui voulaient découvrir cette religion, à dissocier islam et islamisme.

Dans la société québécoise et occidentale, beaucoup de femmes voient le voile comme un signe d’oppression qui remet en cause l’égalité homme et femme. Sur la question de la religion, les Québécois souhaiteraient que les minorités visibles d’obédience musulmane deviennent de plus en plus invisibles dans leurs pratiques. Par contre, la population québécoise doit essayer de connaître et de découvrir la religion musulmane à travers ses vraies valeurs (tolérance, ouverture, respect de son prochain, entraide, etc.).

Toute personne est libre, au nom de la liberté de conscience, de faire son choix religieux sans violer les droits des autres, comme cela a été le cas de la femme égyptienne expulsée (port du voile intégral).

Les Québécois développent cependant un attachement aux fêtes traditionnelles religieuses catholiques (Noël, Pâques), ou au baptême, qui restent des acquis religieux, mais pas plus. Une société qui semble être affranchie du pouvoir religieux voit apparaître d’autres communautés religieuses très attachées à leurs convictions.

Certains membres de la société québécoise n’hésitent plus à demander officiellement une sélection des immigrants basée sur des motifs ou des critères excluant la religion musulmane.

Une pétition en ligne « Contre l’islamisation du Québec » a même été lancée . On pouvait y lire :

« Québec doit changer sa politique d’immigration basée seulement sur la langue française et tenir compte de ses valeurs culturelles, en particulier de l’égalité des hommes et des femmes, liberté de conscience ce qui fait particulièrement défaut dans certaines idéologies religieuses telle que l’islam.

« Islam est une idéologie totalitaire politico-religieuse suprématiste. Cette doctrine commande à tous ses adeptes de travailler à la suprématie d’un système religieux parfait se situant au-dessus et au-delà de toutes les autres religions, de tous autres systèmes politiques en dehors de l’application de son système la charia. . »

Les auteurs de la pétition s’appuient même sur le document « La planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015 » pour dire que « Montréal s’islamise dangereusement . »
Mais une analyse objective reste que :

« Hors de la région de Montréal, ceux qui crient à l’invasion pourront toujours dire que la population musulmane a presque triplé en dix ans, en passant de 8 000 à 22 000 personnes (de 2001 à 2011). Le fait est que même après avoir triplé, cette population ne constitue que 0,6 % de la population hors Montréal et ne demande, pour l’immense majorité, qu’à vivre en paix . »
Dans cette pétition, les musulmans sont décrits comme des personnes rétrogrades, réfractaires à la modernité et aux valeurs québécoises, d’où le cri d’alarme lancé à certains ministres :

« […] cessons l’immigration musulmane maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Joignez-vous à nous et signez la pétition. Elle sera envoyé [sic] à la Ministre de l’immigration actuelle Madame, Diane de Courcy, au ministre responsable des Institutions démocratiques et de la charte des valeurs québécoises Bernard Drainville et à la Première ministre du Québec, Madame Pauline Marois . »

Voici pourquoi un tel débat devrait être encadré pour éviter des confusions, des amalgames, des associations dangereuses pouvant jeter des troubles sur la cohésion sociale. On se souvient de la controverse sur le bassin géographique qui ne définissait pas les valeurs du Québec au niveau de la sélection.

En commission parlementaire sur la planification de l’immigration pour la période 2012 2015, les intervenants des milieux juridique, politique, syndical et sociocommunautaire avaient déploré la controversée question des bassins géographiques lors des consultations sur les niveaux d’immigration. La plupart des acteurs sociaux défendaient l’idée selon laquelle le gouvernement libéral précédent devait travailler davantage sur les causes des difficultés d’intégration plutôt que de favoriser une politique sur les quotas d’immigration. L’orientation 5 « Rééquilibrer progressivement la proportion que représente chacun des grands bassins géographiques de provenance de l’immigration pour qu’en 2015 cette proportion soit limitée à un maximum de 30 % pour chacun de ces bassins » était jugée discriminatoire par bon nombre d’intervenants du milieu communautaire. Une lettre d’opinion « Immigration – Non aux quotas par origine! », signée par d’éminentes personnalités québécoises, était également parue dans le journal Le Devoir , pour s’insurger contre la politique gouvernementale au sujet de l’orientation du bassin géographique. Le gouvernement libéral avait compris l’impopularité de cette mesure en abandonnant la politique visant à limiter l’immigration nord-africaine ou maghrébine.
L’actuel gouvernement péquiste est aussi confronté à une polémique même s’il défendait depuis février 2013, par la voix de la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane De Courcy, que « malgré l’importance accrue donnée au français dans la nouvelle grille de sélection, [il allait] préserver la diversité des pays de provenance des personnes immigrantes . » Certains acteurs politiques, et même communautaires, l’accusent de vouloir recruter exclusivement des candidats francophones au risque de déstabiliser l’équilibre entre le recrutement des francophones et des non-francophones et saper ainsi la diversité dans le recrutement qui a toujours prévalu au Québec. Ce qui prouve, une fois de plus, que le débat sur la planification ou sur les orientations des bassins géographiques est loin d’être clos.

La perception de l’immigration n’est pas la même d’une région à une autre, comme le soulignait, à juste titre, le recteur Michel Ringuet en commission parlementaire en août 2011 :
«la question des immigrants n’est pas la même partout au Québec, il est clair, et donc il peut y avoir des gens… Effectivement, on l’entend dire: Il y a trop d’immigrants, on l’entend même chez nous. Vous avez peut-être vu passer des commentaires sur Internet où il y a des gens qui croyaient que, parce qu’il y a une rue à Rimouski qui s’appelle «Mohammed-El-Sabh», qui était un grand scientifique de l’UQAR, qu’on est en train de trop tourner vers la multiethnicité . »
Dans cet article daté du 9 mai 2013 de la journaliste de La Presse, Rima Elkouri, intitulé Le mythe de l’invasion, on découvre davantage les détails de cette perception :

« J’ai reçu cette semaine un courriel d’une dame qui s’inquiétait d’une prétendue «invasion de musulmans à Rimouski». Ça m’a fait rire, mais au fond, ce n’est pas drôle. Le mythe de l’invasion musulmane en est un malheureusement trop populaire en Occident. À force d’être répétées, des faussetés sont prises pour des faits. »

Elle poursuit en disant que :

« Le courriel en question (ou plutôt pourriel), qui circule depuis au moins deux ans, colporte une légende urbaine. Il indique que Rimouski est passé de 4 familles musulmanes en 2004 à plus de 1000 familles «de ce genre» en 2011. «Ça fait peur», dit le message qui indique que les gens de «ce genre» ont même obtenu de la Ville une nouvelle rue «au nom de leur grand prêtre islamique». »
Elle déconstruit cette fausse information en donnant des chiffres sur le nombre de musulmans à Rimouski, une ville située dans la région du Bas-Saint Laurent :
« Tout ça est faux, évidemment. Combien de musulmans à Rimouski en 2011? On peut presque tous les nommer. Ils sont 130 (on les salue), soit exactement 0,3 % de la population rimouskoise, indique la toute nouvelle enquête de Statistique Canada, rendue publique hier. On conviendra que ce n’est pas tout à fait ce qu’on appelle une invasion. »

« Mais tout le monde ne pense pas de la même façon heureusement : « Le maire de Rimouski – c’est tout à son honneur – a déjà dénoncé haut et fort ce pourriel aussi stupide que tenace qui ne fait que nourrir l’intolérance. Il a précisé que la rue au nom d’un prétendu «grand prêtre islamique» (selon le pourriel) est en fait une rue à la mémoire de Mohammed El-Sabh, un océanographe réputé d’origine égyptienne, spécialiste des tsunamis, qui a marqué l’histoire scientifique de Rimouski où il s’était établi en 1972. Répandre de telles faussetés à son sujet n’est qu’injure à sa mémoire, a-t-il dit.
« Mais qu’importe les faits… Ces faussetés circulent encore et certains y croient. La légende urbaine de Rimouski n’est qu’un tout petit symptôme d’un phénomène rampant beaucoup plus inquiétant. Hier, les données dévoilées par Statistique Canada n’ont d’ailleurs pas tardé à être récupérées par des théoriciens des invasions barbares. » L’auteure de l’article reconnait cependant qu’ : « Il ne s’agit pas ici de nier l’évidence. La population musulmane connaît une forte croissance au pays, c’est un fait. Au Québec, cette population a plus que doublé, c’est un fait. Mais de là à parler d’invasion, il y a un pas (et même peut-être deux, je dirais, à Rimouski). »
Toujours dans ce pertinent article, on apprend aux citoyens la remise sur le circuit « de vieux mythes » :

« Dans son remarquable essai The Myth of the Muslim Tide (Alfred A. Knopf, 2012), le journaliste Doug Saunders rappelle que les théoriciens des invasions barbares n’ont rien inventé. Ils ne font que recycler de vieux mythes qui ont surgi dans l’histoire chaque fois qu’une nouvelle vague d’immigrants débarquaient en Amérique. Hier, on craignait les catholiques ou les juifs. Aujourd’hui, ce sont les musulmans.

« Dès la fin du XIXe siècle, chaque fois qu’un nouveau groupe arrivait (Irlandais, Italiens ou juifs d’Europe de l’Est…), on reprenait les mêmes discours sur la menace de l’étranger. On disait que ces gens étaient trop éloignés de notre civilisation pour s’y fondre. Au tournant des années 50, aux États-Unis, une théorie fort répandue voulait que des «dangereux» catholiques prennent les commandes de l’Amérique.

« Après l’élection en 1961 d’un président catholique – John F. Kennedy -, l’hystérie anticatholique s’est calmée. Et on a réalisé que les catholiques américains n’étaient peut-être finalement que… des Américains. Un jour, réalisera-t-on aussi que les musulmans québécois ne sont peut-être finalement que des Québécois? », conclut elle de fort belle manière.

La peur de la différence peut pousser certains individus à s’imaginer des mondes imaginaires. L’immigrant doit également aller vers l’autre pour déconstruire certains mythes.
Au moment où on disait que la Charte des valeurs québécoises est un problème urbain, on apprenait la profanation d’une mosquée au Saguenay. Des vandales ont versé du sang de porc (un geste qui n’est pas anodin puisque les musulmans ne mangent pas cette viande) sur la façade de la mosquée le samedi 31 août. Un geste haineux qui est accompagné d’un message « Intégrez-vous [ou plutôt assimilez-vous] ou rentrez chez vous. »»

Au moment où les régions peinent à attirer des immigrants , des incidences de ce genre, isolées ou non, augmenteront les réticences des nouveaux arrivants qui ont toujours cru que les régions étaient moins accueillantes que la métropole.

La population québécoise peut parfois associer les flux migratoires provenant du monde arabe musulman à une métamorphose ou une déperdition de leurs valeurs fondamentales. Or, le choc des valeurs a toujours démontré qu’à la rencontre de différentes cultures, on observe toujours un ajustement, une influence de part et d’autre. Dans ce cadre-ci, on parlera plus d’enrichissement culturel que de choc culturel.

Y-aurait-il des profils plus facilement intégrables culturellement que d’autres?, une question qui a été soulevée par M. Kotto de l’opposition officielle . La question de l’importance des valeurs pousse certains acteurs à suggérer ou souhaiter la sélection des immigrants ayant une proximité culturelle avec certaines origines européennes (France, Belgique, Espagne, Italie, Grèce, Irlande,…), disons les pays traditionnels d’immigration au Québec.

Il existe une méconnaissance de la réalité de la pratique religieuse musulmane qui peut aboutir à une conclusion hâtive de l’incompatibilité des valeurs véhiculées par cette religion et les valeurs dites modernistes des sociétés occidentales. Il serait difficile particulièrement pour un musulman d’accéder à la demande de certains Québécois qui leur réclament de mettre de côté leur religion. Pour la plupart d’entre eux, l’islam est un mode de vie qui guide leurs pratiques, faits et gestes.
La peur de l’Islam, alimentée par la montée des intégristes, et le sentiment d’insécurité mondial, lié au terrorisme depuis le 11 septembre 2001, compliquent davantage la perception de la religion musulmane et alimentent des questionnements qui ne cherchent pas tout le temps à dissocier islam et islamisme.
La diversité des musulmans tout comme la diversité entre les courants juifs doivent inciter les personnes qui ne veulent rien savoir de la religion à faire attention à la catégorisation afin d’éviter de blâmer souvent les immigrants. Les juifs hassidiques, qui représentent 12 % de la communauté juive (environ 93 000 personnes), ne font, certes, aucune concession dans leurs pratiques religieuses. Ces derniers, qui projettent une image ultra-orthodoxe, ne doivent pas créer d’amalgames au sein de la communauté juive, qui n’est pas une communauté immigrante d’origine récente et qui fait partie intégrante de la société québécoise et canadienne.

Cependant, dans les sociétés développées, historiquement religieuses, mais laïques dans les temps modernes, ceux et celles qui portent le voile, le kirpan, la croix de David ou qui ont une longue barbe ne peuvent passer inaperçus dans les rues. Le regard des gens sera toujours porté sur eux : puisque ces sociétés pensaient avoir divorcé avec la religion et les signes ostentatoires.

https://doudousow.files.wordpress.com/2013/09/avis-preliminaire-charte-des-valeurs-quebecoises-doudou-sow-8-septembre-2013.pdf

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Responses

  1. Au Soudan, une femme condamnée à mort pour apostasie
    Le Monde.fr Le 15.05.2014 à 11h45 • Mis à jour le 15.05.2014 à 15h20

    image: http://s1.lemde.fr/image/2014/05/15/768×384/4419045_3_107b_khartoum-le-12-mai-2014_64b9b31c490b8ea4f6cb59513e5246af.jpg
    Khartoum, le 12 mai 2014.
    Un tribunal de Khartoum a condamné, jeudi 15 mai, une chrétienne soudanaise de 27 ans à la peine de mort pour apostasie – l’abandon public et volontaire d’une religion – et ce malgré les appels d’ambassades occidentales à un respect de sa liberté religieuse. La jeune femme, enceinte de huit mois, est actuellement détenue avec son fils de 20 mois, selon Amnesty International, qui a demandé sa libération immédiate.

    « Nous vous avions donné trois jours pour abjurer votre foi mais vous avez insisté pour ne pas revenir vers l’islam. Je vous condamne à la peine de mort par pendaison », a déclaré le juge, Abbas Mohammed Al-Khalifa, s’adressant à la femme avec le nom de famille de son père, un musulman.

    Meriam Yahia Ibrahim Ishag – son nom chrétien – a également été condamnée à cent coups de fouet pour « adultère ». A l’énoncé du verdict, la jeune femme est restée impassible. Auparavant, au cours de l’audience, après une longue intervention d’un chef religieux musulman qui a cherché à la convaincre, elle avait dit calmement au juge : « Je suis chrétienne et je n’ai jamais fait acte d’apostasie »,.

    Une cinquantaine de personnes ont manifesté contre le verdict dans les rues de la capitale soudanaise, portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Non à l’exécution de Meriam », « Les droits religieux sont un droit constitutionnel », selon l’AFP. Un manifestant a indiqué, en s’adressant au rassemblement de soutien, qu’ils poursuivraient leur mouvement de protestation avec des sit-ins jusqu’à ce que la jeune femme soit libérée.

    UN DROIT INSCRIT DANS LA CONSTITUTION SOUDANAISE

    Mardi, les ambassades des Etats-unis, du Canada, de Grande-Bretagne et des Pays-Bas avaient exprimé leur « vive inquiétude » à propos du cas de cette Soudanaise. « Nous appelons le gouvernement du Soudan à respecter le droit à la liberté de religion, notamment le droit à changer de foi ou de croyances », indiquaient-elles dans un communiqué conjoint.

    Ce droit est stipulé dans la Constitution intérimaire soudanaise de 2005 ainsi que dans les textes internationaux sur la défense des droits de l’homme, ajoutaient les chancelleries, exhortant les autorités judiciaires à gérer le cas de Mme Ishag « avec compassion ».

    Selon Amnesty International, Mme Ishag a été élevée en tant que chrétienne orthodoxe, la religion de sa mère, car son père, un musulman, fut absent pendant son enfance. Elle s’est ensuite mariée avec un chrétien du Soudan du Sud. L’accusation d’« adultère » repose sur son mariage avec un chrétien, a indiqué l’ONG, ajoutant que selon la loi islamique en vigueur au Soudan, une femme musulmane ne peut épouser un homme d’une autre religion.

    Le ministre soudanais de l’information, Ahmed Bilal Osmane, a démenti toute oppression des chrétiens du Soudan. « Nous vivons ensemble depuis des siècles », a-t-il affirmé à l’AFP. Le régime islamiste soudanais a introduit la charia en 1983 mais les condamnations à mort sont rares.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/05/15/une-soudanaise-condamnee-a-mort-pour-apostasie-a-khartoum_4419041_3212.html#pju6hvvKzevKsl0e.99

  2. Je suis agee de 79 ans, dans leurs sermons a l’eglise Saint-Paul de Grand-Mere, on nous defendait de marrier des protestants, que ceux-ci iraient aux limbes. C’est ainsi que je me suis mariee seule aux Etats-Unis, pour ne pas avoir a entendfre ma mere, imbus de sa religion « a la cu » me dissuadee de me marier avec un protestant divorce. Finalement, apres s’etre rendue compte des viols d’enfants par les religieux, elle en est venu a la conclusion « qu’une chance que nous nous sommes reveilles », apres avoir eu 17 anfants en ecoutant son frere Redemptoriste qui la menacait avec l’enfer, il fallait que cela sonne dans la quete, sacrifiant la jeunesse des filles les plus agees, pour faire des tavaux d’adultes. privees de faire des etudes avancees. L’eglise nous controlait sur tous les domaines, allant meme a nous dire pour qui voter, surement apres avoir recu de genereux montants des politiciens. Pas surprenant que les egliss soient vides!


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