Publié par : Doudou Sow | 10 septembre 2012

Le mentorat, une valeur ajoutée à la cohésion sociale

Apport de l'immigration Emploi-Québec a lancé en 2004 le projet Mentorat Québec-Pluriel pour offrir la possibilité aux jeunes adultes issus des communautés culturelles et de minorités visibles de bénéficier d’un encadrement et d’un soutien par l’établissement d’une relation privilégiée avec un mentor.

Le mentorat constitue un jumelage entre un professionnel expérimenté (un mentor) et un jeune (un mentoré) qui désire s’intégrer socioprofessionnellement.

La diversité, qui est certes source de richesse, peut néanmoins entraîner des tensions et des problèmes de gestion de main-d’œuvre. Pour cette raison, le mentorat est plus que nécessaire.

Sylvestre Roy-Chenier, (Québécois d’origine) intervenant social au Centre de santé et de services sociaux de la Pointe-de-l’Île, contribue à l’effort d’intégration des nouveaux arrivants au Québec et adapte le mentorat à une réalité interculturelle : « Je veux lui [le mentoré] faire part des réalités de la société québécoise, en lui parlant de l’histoire du Québec, en lui faisant découvrir des référents de la culture québécoise. »

Un rapprochement interculturel permet de rompre l’isolement de ces néo-Québécois, qui sont parfois isolés et par définition sont en difficulté vis-à-vis de la société (le chômage), vis-à-vis de la recherche d’emploi (ils ne connaissent pas les spécificités du monde du travail québécois, ils viennent juste d’arriver et vivent des problèmes d’acculturation, ils ne maîtrisent pas encore les méthodes dynamiques de recherche d’emploi, etc.).

La création du lien social rompt l’isolement et atténue le sentiment de découragement qui peut naître chez les immigrants. Comme la recherche d’emploi est un véritable parcours de combattant, le mentoré a parfois besoin d’une « petite tape dans le dos » encourageante. Cette approche psychosociale apporte une certaine confiance à l’immigrant.

L’immigrant perçoit chez le Québécois une ouverture et une certaine volonté de l’aider à trouver son propre chemin. Ce coup de main renforce davantage le développement du sentiment d’appartenance à la société d’accueil, la cohésion sociale et le vivre ensemble. L’éthique de la solidarité et du principe du « donner et du recevoir » constituent le ciment de ces initiatives citoyennes.

La solidarité est le produit de la réciprocité qui se traduit entre les acteurs sous forme d’échanges d’expériences, de conseils, de dialogues et d’aides.

La contribution du mentor permet un renforcement des liens, une meilleure compréhension et une ouverture face à la relation interculturelle et intergénérationnelle.

Certains participants essaient de mettre tous les atouts de leur côté afin de surmonter les difficultés liées aux exigences des ordres professionnels, à la non reconnaissance des diplômes et des acquis, et à la barrière linguistique. C’est, par exemple, le cas de Georgina Halladjian, originaire de l’Argentine et arrivée au Québec depuis juillet 2008 : « Je continue à étudier le français… Depuis que je suis arrivée à Montréal, je suis des ateliers de recherche d’emploi et j’apprends comment le marché de travail fonctionne ici. Je fais du mieux que je peux pour m’intégrer à la société. Je sais que je vais réussir, c’est une question de temps», conclut-elle.

Les relations de ces acteurs (mentors-mentorés) qui sont en interaction les uns avec les autres reposent sur une certaine confiance mutuelle impliquant une réciprocité fondée sur le bénévolat et le volontariat.

Les jeunes adultes ont besoin de repères et de modèles de réussite et le mentor en offre un : lui-même.

Les membres de minorités visibles ne constituent pas un problème mais sont, au contraire, une solution aux problèmes de pénurie de main-d’œuvre. À ce titre, il faut faciliter leur intégration harmonieuse par le biais de la scolarité et du marché du travail. Le développement de la relève et de la diversité est à ce prix!

Le Carrefour jeunesse-emploi Bourassa-Sauvé dont la mission est l’intégration sociale et économique des jeunes adultes de 16 à 35 ans dans la société québécoise, participe grâce à son programme Mentorat Québec Pluriel à la dynamisation de ce tissu social.


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