Publié par : Doudou Sow | 12 octobre 2011

Plaidoyer pour une répartition équitable de l’immigration

images repartition équitable

Dans le cadre de la planification sur l’immigration pour la période 2012-2015, le président de la Chambre de commerce de Montréal métropolitain (CCMM), M. Michel Leblanc, avait suggéré une admission de 65 000 personnes par année. La présidente de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal, Madame Manon Barbe, ainsi que la directrice générale, Madame Marie-Claire Dumas, proposaient une hausse du niveau d’immigration à 55 000 immigrants par année. Le président de Manufacturiers et exportateurs du Québec et économiste de formation, M. Simon Prévost, était également favorable à une hausse de l’immigration. Dans sa deuxième recommandation, il proposait « d’évaluer l’opportunité d’accélérer l’immigration au-delà de 50 000 personnes par année au cours des 10 prochaines années et de maintenir, ce faisant, à un niveau supérieur l’immigration des travailleurs qualifiés. »[1] Les positions de ces différents acteurs économiques sur une augmentation de l’immigration seraient mieux perçues par la population québécoise si les immigrants se concentraient moins dans les grands centres urbains.

Les régions misent sur une hausse de l’immigration à condition qu’elles en profitent équitablement. Les différents acteurs de la régionalisation de l’immigration souhaitent que les personnes immigrantes qui arrivent au Québec soient également formées et sélectionnées selon les exigences du marché du travail québécois. La position prônant la réduction du volume de l’immigration a ses limites compte tenu des besoins de main-d’œuvre dans les régions.

La répartition équitable de l’immigration rendrait plus crédible et acceptable un volume élevé de l’immigration.

Même si le Québec a accueilli un nombre record de 54 000 immigrants en 2010, les régions manquent cruellement de main-d’œuvre. L’objectif d’attirer près de 50 000 immigrants par année tient compte des paramètres tels que les besoins de main-d’œuvre, le vieillissement de la population et la natalité. En 2010, selon l’Institut de la statistique du Québec, l’indice synthétique de fécondité est de 1,70 enfant par femme, ce qui est en deçà du seuil de renouvellement des générations qui est de 2,1 enfants par femme. En effet, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Mme Kathleen Weil, s’est appuyée sur les prévisions de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) et Emploi-Québec en fonction des départs immédiats à la retraite et des besoins de main-d’œuvre futurs ou à plus long terme  (740 000 emplois à combler d’ici 2014, dont 15 % par l’immigration.) Par contre, la répartition équitable de l’immigration rendrait plus crédible et acceptable un volume élevé de l’immigration. On sait en effet que, malgré leur taux de chômage élevé, « parmi les immigrants admis de 2000 à 2009 et présents au Québec en 2011, 76,6 % résidaient dans la région métropolitaine de Montréal (RMM) [l’île de Montréal, agglomération de Longueuil et  Laval] » et « 81,8 % de la population immigrante admise au Québec de 2000 à 2009 et présente en 2011, (…) habitait (..) dans la communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe 82 municipalités de la grande région de Montréal »[2].

Le président de la Chambre de commerce de Montréal métropolitain (CCMM), M. Michel Leblanc, à la demande des entreprises montréalaises, pense “établir des passerelles avec [leurs] partenaires en région de façon à ce qu’on puisse faciliter le déplacement et la fluidité des déplacements des immigrants sur la région métropolitaine avec les régions du Québec. »[3] Le Plan Nord (investissements de plus de 80 milliards de dollars et 20 000 emplois par année pendant 25 ans selon les chiffres contenus dans la publicité gouvernementale sur le Plan Nord “Un plan pour le Québec” et le document Profil économique et financier du Québec 2011, Finances Québec, p.14) a dû convaincre certainement certains employeurs de Montréal d’envisager d’« établir des passerelles » ou travailler en étroite collaboration avec les régions ayant un potentiel de développement économique. Le Plan Nord suscite un engouement réel sur le plan national et international, au point d’être considéré comme « un véritable Eldorado » par le ministre français de l’industrie, M. Éric Besson, dans le cadre de la visite de « Charest en France, Plan Nord, Agence QMI, article publié par 24H, 6 octobre 2011, p.8).

Une répartition inégale de l’immigration n’a pas que des conséquences économiques, elle entraîne souvent une forte concentration des immigrants dans certains quartiers de Montréal. Cette situation influence la perception de la population locale qui y voit des difficultés concrètes de vivre ensemble de façon harmonieuse. Une meilleure répartition de l’immigration permettrait la diversité ethnoculturelle à travers toutes les régions du Québec. La régionalisation de l’immigration pourrait atténuer le débat sur la fragilité de la langue française à Montréal. Les immigrants qui seront établis en région parleront tout naturellement la langue de Molière. Dans cette dynamique, le transfert linguistique vers le français s’inscrit dans la loi de la nature au sens où l’entendait Darwin[4].Une capacité d’adaptation des Néo-Québécois dans leur nouveau milieu d’accueil permettrait aux régions de vivre la diversité dans une approche interculturelle.

Mais la régionalisation doit occuper plus qu’un axe dans la politique d’immigration québécoise. Hélène Varvaressos, directrice générale d’Agricarrières, un comité sectoriel de la main-d’œuvre en production primaire agricole s’était posé la question sur la place de la régionalisation de l’immigration dans les sept orientations proposées par le gouvernement. « (…) on a été surpris de constater qu’il n’y avait pas d’orientation qui touchait la régionalisation de l’immigration »[5].

En plus de la prise en compte de la question de l’intégration des travailleurs étrangers temporaires dans certains domaines précis (agriculture par exemple), Il y a également un autre enjeu de l’immigration dans les villes mais aussi dans les territoires ruraux comme le faisait remarquer Madame Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l’Outaouais : « il y a la régionalisation de l’immigration puis, à l’intérieur de l’Outaouais, on fait aussi de la régionalisation. ». Celle qui a impressionné les parlementaires, grâce à une présentation très dynamique de sa région, faisait référence à l’occupation dynamique des territoires. Elle ne cessait de marteler une réalité du phénomène de la métropolisation de l’immigration ou de la concentration urbaine existant dans tous les pays d’immigration. « Et il faut absolument que les immigrants arrêtent d’aller à Montréal puis à Québec, là. Alors, écoutez, je le sais, là, Montréal veut tous les avoir, Québec veut les avoir, mais, là, il faut qu’ils aillent ailleurs, il faut qu’ils aillent en Outaouais. Et nous, en Outaouais, on veut, non seulement qu’ils viennent en Outaouais, mais on veut qu’ils viennent dans le monde rural, c’est-à-dire dans les MRC. (…) C’est eux qui vont nous apporter ce dont on a besoin au niveau, par exemple, des populations. »[6] Le succès de l’attraction des immigrants en région passe inévitablement par l’emploi, pierre angulaire de la régionalisation.

Une adaptation des outils et des pratiques pour préparer le milieu régional dans le but d’attirer, recruter et retenir les immigrants

Les immigrants ne sont pas attirés par des emplois précaires en région. L’attraction des immigrants en région est à la fois indissociable – voire conditionnelle-  des opportunités d’emplois dans leur domaine de compétences. L’ancienne ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du 18 avril 2007 au 10 août 2010, Mme Yolande James, avait déjà avec raison souligner ce point central qui est un enjeu de la régionalisation de l’immigration : « …il y a toutes sortes de visions face à toutes sortes de choses qui ont été testées par tous les gouvernements, tous partis confondus, sur comment attirer les gens aux régions du Québec, etc. Mais, moi, je fais le pari, les gens du ministère, je vois… sont d’accord avec moi en tout cas, on y va de cette façon-là avec le règlement, c’est que les gens vont aller là où ils vont trouver des opportunités. »[7]

L’organisme Promotion Intégration Société Nouvelle (PROMIS), le Collectif des femmes immigrantes du Québec (CFIQ), le Carrefour Bio Local Emploi (Carrefour BLE), Accueil liaison pour arrivants (ALPA) sont les quatre organismes incontournables dans le processus de régionalisation de l’immigration. Forts de leur expertise, ces quatre organismes facilitent l’insertion au marché du travail régional des chercheurs d’emploi immigrants établis au Québec depuis moins de cinq ans. (Lire à ce sujet : Le choix des régions : une opportunité d’emploi pour les immigrants, par Doudou Sow, http://www.doudousow.qc.ca/html/regio-choix.html).  Les organismes de Montréal travaillent en partenariat avec 17 organismes établis dans les différentes régions du Québec.

Ces organismes communautaires connaissent, entre autres, des difficultés au niveau des critères d’éligibilité et les modalités de Passerelle pour l’emploi en région[8] (efficacité limitée de cette mesure : 3 placements Passerelle entre novembre 2010 et 31 mars 2011), une mesure dotée d’une allocation dans le but de favoriser « l’arrimage entre les besoins de main-d’œuvre des entreprises en région et les chercheurs d’emploi de la région de Montréal »[9]. Cette mesure a  été mise sur pied le 8 novembre 2010 par Mme Yolande James, comme la plupart des projets existants en intégration comme Défi Montréal (lancement le 5 avril 2009), le programme de l’expérience québécoise (PEQ: étudiants étrangers et immigration temporaire, en vigueur depuis le 14 février 2010), l’intégration en emploi de personnes formées à l’étranger référées par un ordre professionnel (IPOP, projet lancé le 15 décembre 2009 et financé par Emploi-Québec) etc.

Des initiatives de sensibilisation et de partage de bonnes pratiques ont toujours été initiées et développées par les organismes basés à Montréal ainsi que leurs partenaires régionaux qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour attirer les immigrants en région. Dans cette perspective, les caravanes de la régionalisation, en 2008, visaient, entre autres, à rencontrer et sensibiliser « les intervenants montréalais qui travaillent auprès des nouveaux immigrants (…). Le bilan de la tournée est encourageant : 109 intervenants de 20 organismes ont été rencontrés et informés des services de régionalisation[10]. Le premier colloque national[11] sur la régionalisation de l’immigration qui s’est tenu au mois de mai 2010 au Centre des congrès de Trois-Rivières (ville très stratégique géographiquement) sous le « thème Une vision commune pour un Québec prospère » devait permettre « de dresser le bilan [des]actions [ententes avec les CRE, municipalités et organismes à but non lucratif après le Forum des générations de 2004] et de  partager les meilleures pratiques en matière de régionalisation de l’immigration. »[12]. L’idée du comité régionalisation de la la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), d’organiser le premier salon sur la régionalisation de l’immigration les 13 et 14 octobre 2011 est également un pas dans la bonne direction. Cet événement du Réseau des organismes de régionalisation de l’immigration du Québec qui aura lieu à la Place Bonaventure enregistrera la participation de 15 organismes en régionalisation et environ 15 employeurs des régions dans le cadre de la Foire nationale de l’emploi. Lire à ce sujet (Les avantages des régions, par Doudou Sow, http://www.doudousow.qc.ca/html/regio-avantages.html).

Les immigrants, vont certes de plus en plus en région mais la forte concentration des immigrants à Montréal est toujours une réalité. Il est vrai aussi que la capacité d’accueil, les services offerts, le dynamisme de l’économie régionale, la disponibilité des logements locatifs, la préparation du milieu pour une adhésion au projet constituent des paramètres nécessaires pour une meilleure régionalisation de l’immigration. La question de la préparation du milieu, de l’attraction et de la rétention des immigrants doit pousser continuellement les acteurs régionaux ainsi que leurs partenaires à adapter leurs outils et pratiques pour recruter et retenir des immigrants en région. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a consacré une rubrique intitulée « L’utopie de la régionalisation »[13], pour évoquer le retour des immigrants établis en région à Montréal dans le cadre de son mémoire pour la récente consultation.

L’offre d’emploi validée de 10 points, le placement en ligne -volet international (PELI), les crédits d’impôts pour l’établissement dans les régions ressources[14], les incitatifs financiers accordés aux candidats inscrits en régionalisation de l’immigration par des remboursements partiels de leurs déplacements lors des entrevues, des visites exploratoires en collaboration avec un partenaire régional, des rencontres d’information avec un employeur et déménagement en région, sont certes des initiatives intéressantes mais insuffisantes pour régionaliser les immigrants. Pour preuve, des missions à l’étranger se font de plus en plus pour recruter des talents. (Lire à ce sujet : Modification du règlement sur la grille de sélection et une série de mesures pour attirer les immigrants en région par Doudou SOW).

La première orientation du document de consultation sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015 « Porter progressivement à 50 % la proportion des requérants principaux de la catégorie des travailleurs qualifiés détenant une formation dans des champs de compétence correspondant à des besoins exprimés sur le marché du travail»[15]augure d’une prise en compte des besoins réels de main-d’œuvre en région.

Rappelons qu’en mai 2010, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, regrettait le manque « d’indicateurs socioéconomiques pour bien cerner la capacité  réelle du Québec » à accueillir et intégrer les immigrants mais a aussi relevé les failles dans la sélection des immigrants. Le gouvernement par la voix de sa ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Mme Kathleen Weil, a répété, dans le cadre de l’Étude des crédits budgétaires 2011-2012 du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, volet Immigration aussi bien au niveau des débats à l’Assemblée nationale sur la planification de l’Immigration 2012-2015, que les indicateurs socioéconomiques pour l’accueil et l’intégration des immigrants seront disponibles en 2012. Les résultats d’une bonne politique d’intégration des nouveaux arrivants dépendront incontestablement des ressources investies, quel que soit le volume d’immigration.

 


[1] Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens, 39e législature, 2e session (début: 23 février 2011), Le jeudi 25 août 2011 – Vol. 41 N° 13, Audition Manufacturiers et exportateurs du Québec.

[2] Dinu Miron et Nicole Turcotte, Présence en 2011 des immigrants admis au Québec de 2000 à 2009, Direction de la recherche et de l’analyse prospective, Août 2011.

[3] Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens, Version préliminaire, 39e législature, 2e session (début : 23 février 2011), Le jeudi 18 août 2011 – Vol. 42 N° 11, Audition Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

[4] L’immigration se fait en français dans les régions excepté Gatineau et une partie de l’Estrie mais aussi dans certains domaines (tourisme dans les Laurentides). Nous reviendrons sur la question de l’étude de l’OQLF et des commentaires politiques qu’elle a suscités dans un autre article.

[5] Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens, Version préliminaire, 39e législature, 2e session (début : 23 février 2011), Le mercredi 17 août 2011 – Vol. 42 N° 10, Audition Union des producteurs agricoles (UPA).

[6] Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens, Version préliminaire 39e législature, 2e session (début: 23 février 2011), Le jeudi 15 septembre 2011 – Vol. 42 N° 17, Audition conférence régionale des élus de l’Outaouais.

[7]Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens, Version préliminaire, 39e législature, 1re session (début : 13 janvier 2009) , Le jeudi 29 avril 2010 – Vol. 41 N° 21, Étude des crédits budgétaires 2010-2011 du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles.

[8] « Pour enrichir le Québec, Intégrer mieux : une réponse spécifique aux besoins des Québécois originaires du Maghreb » [MICC, Mai 2008].

[9] La planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015. Document de
Consultation 2012-2015, avril 2011, p.26, 33p, MICC.

[10] Rapport d’activités 2008-2009, p. 11, TCRI, 20p.

[11] « À l’invitation de la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre de la Famille, Mme Yolande James, quelque 250 représentants de toutes les régions du Québec [s’étaient] donné rendez-vous (…) pour discuter de l’important enjeu de la régionalisation de l’immigration.» Communiqué Apport de l’immigration au développement régional – La ministre Yolande James mobilise les régions lors du colloque national sur la régionalisation de l’immigration  TROIS-RIVIÈRES, QC, le 10 mai/CNW Telbec/,  Source : Geneviève Hinse, Attachée de presse, Cabinet de la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles.

[12] Communiqué Apport de l’immigration au développement régional – La ministre Yolande James mobilise les régions lors du colloque national sur la régionalisation de l’immigration  TROIS-RIVIÈRES, QC, le 10 mai/CNW Telbec/,  Source : Geneviève Hinse, Attachée de presse, Cabinet de la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles.

[13] Mémoire de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Assemblée nationale du Québec, 31 mai 2011, p.6.

[14]Un «crédit d’impôt pour nouveau diplômé travaillant dans une région ressource éloignée » qui concerne autant les immigrants que les Québécois d’origine. Pour connaître les régions ressources éloignées ainsi que les critères d’admissibilité, cliquer sur le lien du site Internet de Revenu Québec : http://www.formulaire.gouv.qc.ca/cgi/affiche_doc.cgi?dossier=8920&table=0

[15] Document de consultation sur La planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015, p.31, MICC.


Responses

  1. Belle analyse Monsieur Sow, surtout le théme de la régionalisation… Les nouveaux arrivants veulent du boulot, ils vont s’installer là où il y’a du travail. C’est une évidence. Donc davantage de mesure d’accompagnement vers les régions et création d’emploi. Tu as bien dit : « Les résultats d’une bonne politique d’intégration des nouveaux arrivants dépendront incontestablement des ressources investies, quel que soit le volume d’immigration. » On ne peut pas dire mieux, selon moi !!!!!! Un grand merci.

  2. Très bon article. L’analyse est bien structuré dans le fond et dans la forme. Les questionnements sous-tendus sont pertinentes.
    Effectivement, comme tu le dis, « Le succès de l’attraction des immigrants en région passe inévitablement par l’emploi, pierre angulaire de la régionalisation ». Cela est d’autant plus vrai que les nouveaux arrivants, sont majoritairement un produit de l’immigration économique et professionnelle.
    Toutefois, il faut prendre en compte le fait que les nouveaux arrivants sont généralement de culture citadine. Ils trouvent facilement leur repères à Montréal ou dans les grands centres urbains, qu’ils ont souvent du mal à se départir. Des mesures plus incitatives pourraient encourager les départs vers les régions.

    Bien cordialement

  3. Commentaires de Robert Mayrand, directeur du Service Intégration Travail Outaouais (SITO), disponibles sur le site Internet de cet organisme spécialisé dans la régionalisation de l’immigration, dans la rubrique Textes d’intérêts.
    C’est avec grand intérêt que j’ai lu votre article. Il résume bien la situation.
    Un changement de paradigme – Je me permets d’ajouter mon grain de sel du point de vue de la fonction économique de l’immigration. L’an dernier, le SITO, pour l’ensemble de ces services a, à Gatineau seulement, inséré 240 personnes en emploi. Le SITO a ainsi contribué à injecter en revenus personnels dans l’économie de Gatineau plus de 6 000 000 $. Et cette somme est cumulative année après années : 12 000 000 $ en deux ans, etc. Dès la première année, ces personnes vont consommer, payer de l’impôt, etc. Pour 6 000 000 $ injectés en revenus personnels, le SITO dispose d’un budget annuel d’environ 800 000 $. C’est un excellent retour sur l’investissement. Et c’est bien de quoi il s’agit : un investissement. Pour nos bailleurs de fonds et la population en général, c’est malheureusement perçu comme une dépense. Il faut changer la perspective et considérer l’insertion en emploi des personnes immigrantes comme un investissement économique, social et culturel et non comme une dépense.
    En plus, on a tiré de l’aide sociale plus de 60 personnes. À 6000 $ par année, c’est une réduction de dépenses (dans ce cas, c’est vraiment une dépense) de 360 000 $ pour le gouvernement du Québec.
    Le vrai client – Le maintien en emploi est excellent et le niveau de satisfaction des employeurs est très élevé. La recette est pourtant simple : Faire de l’employeur le vrai client de l’immigration et, d’un autre côté, bien préparer les chercheurs d’emploi en fonction des attentes des employeurs. De cette manière tout le monde y trouve son compte. Les enjeux sont clairs et l’investissement bien ciblé. Les retombées économiques, sociales, culturelles, etc. sont importantes. La meilleure façon de sensibiliser les employeurs c’est de lui fournir une main-d’œuvre bien préparée qui réponde à ces attentes. Dans le cas contraire, au lieu de le sensibiliser, on le désensibilise.
    Régionalisation – La semaine dernière le SITO participait à la Foire de l’emploi à Montréal. Objectif : inciter les personnes immigrantes à déménager en Outaouais. Présentement, on a une cible annuelle de 55 insertions en emploi que l’on atteint sans difficulté. Nous avons toutefois des milliers de dossiers à traiter et des centaines d’employeurs à contacter. Or, nous avons seulement deux personnes à plein temps pour faire ce travail. Avec un investissement de 100 000 $ de plus, on pourrait facilement se donner une cible de plus de 100 insertions en emploi à partir de Montréal pour une injection en revenus personnels dans l’économie de Gatineau de plus de 3 000 000 $.
    Robert Mayrand, directeur général
    Service Intégration Travail Outaouais (SITO)
    bureau : 819-776-2260 819-776-2260, poste 15
    cellulaire : 819-360-8031 819-360-8031
    Le SITO, c’est plus qu’un CV!
    C’est une démarche structurée vers l’emploi et l’autonomie!
    L’Outaouais : On y vient, on y reste!
    Inscrivez-vous en ligne! http://www.sito.qc.ca
    http://www.facebook.com/sito.emploi

  4. […] Plaidoyer pour une répartition équitable de l’immigration, https://doudousow.wordpress.com/2011/10/12/plaidoyer-pour-une-repartition-equitable-de-l%E2%80%99immi… […]

  5. BELLES analyses assez soutenues et factuelles. moi je suis immigrant ayant assez d,experience dans le tourisme et l,hotellerie. de mon point de vue , chaque immigrant devrait avoir une cellule de contact avec laquelle il communique au moins mensuellement et partage ses challenges et frustrations afin que le souhait du gouvernement de garder ces gens généralement assez qualifiées soit une réalité. la solitude et la froideur des relations humaines ici sont de nature a décourager au moins 15 pour cent d,immigrant et les pousser a faire le chemin retour.
    dans mon cas cela m,a pris une dose de stress jamais connue et beaucoup d,anxiete .
    mais au bout du tunnel je crois que l,avenir est meilleur si on reflechit dans le sens de faciliter l,integration des immigrants


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