Publié par : Doudou Sow | 18 novembre 2009

Une première campagne télévisée sur l’apport de l’immigration au Québec : un bon coup à souligner !

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La 7e semaine québécoise des rencontres interculturelles (SQRI) qui s’était tenue du 28 septembre au 4 octobre a été l’occasion pour Madame Yolande James, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles de lancer la première campagne télévisée visant à promouvoir l’apport de l’immigration dans la société québécoise. La campagne résumée sous le thème « L’avenir du Québec ne peut s’écrire sans l’immigration » arrive à un moment crucial, alors que la crise économique frappe de plein fouet les chercheurs d’emploi de manière générale et les immigrants en particulier. Mieux vaut tard que jamais! Les organismes communautaires qui ont développé une expertise dans l’intégration socioprofessionnelle des immigrants demandaient depuis longtemps la concrétisation de cette initiative. La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), regroupement national de plus de 130 organismes voués à l’établissement et à l’intégration des refugiées et immigrants ainsi qu’à la défense de leurs droits, s’est de longue date fait porteuse de cette recommandation.

L’intégration des immigrants ne peut se faire sans la sensibilisation des acteurs de la société. Les médias qui constituent un miroir de cette société pourraient être un allié de taille dans la mission de sensibilisation et de promotion. En modérant un certain sensationnalisme, ils peuvent présenter les divers enjeux touchant la problématique socioéconomique des Néo-Québécois.

Les sceptiques trouveront peut-être que cette première campagne télévisée qui sera diffusée pendant quatre semaines ne constitue tout simplement qu’une campagne de relations publiques. Qu’à cela ne tienne ! Donnons la chance au coureur et attendons de voir les effets de cette publicité qui,  comme celle sur  l’alcool au volant ou sur le port de la ceinture de sécurité pour diminuer les accidents de la route, peuvent amener le public à être plus réceptif au message de sensibilisation.

En dépit des points de friction qui existent entre la société d’accueil et les nouveaux arrivants, il convient de noter que l’immigration est une nécessité pour pérenniser le fait français, assurer la croissance de la population québécoise et la vitalité économique, et particulièrement celle des régions. La régionalisation équitable de l’immigration est une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre des régions.

Il est encore trop tôt pour pouvoir évaluer les impacts de cette nouvelle publicité sur la population et les entreprises et pour en mesurer les effets. Par contre il est certain que la sensibilisation des petites et moyennes entreprises vise à mieux les informer sur les critères de sélection et le choix des immigrants reçus. En étant mieux informés de la rigueur du processus de sélection et de la richesse du potentiel professionnel identifié, les employeurs devraient se montrer moins réticents à embaucher les immigrants compétents.

Une telle campagne nationale de sensibilisation sur la politique d’intégration peut donner un nouvel espoir aux immigrants dans un contexte de ralentissement économique. Ainsi, on éviterait de faire « l’impasse sur les 40 000 personnes qui, année après année, sont devenues indispensables à la survie de cette société » (Josée Boileau, Leçons politiques du recensement, mercredi 14 mars 2007, Le Devoir).

Une équipe du Québec ouverte sur le monde renforce un sentiment d’appartenance des personnes venues d’ailleurs pour une pleine participation des 165 communautés culturelles à la société québécoise.

Même si je me réjouis du geste du gouvernement et de ses partenaires, je ne saurais pour autant minimiser les difficultés d’intégration sociale et professionnelle des immigrants dont témoignent le sous-financement des organismes, la situation inquiétante des médecins étrangers malgré la pénurie de personnel dans le domaine de la santé, le chômage élevé des maghrébins[i], la non-reconnaissance des diplômes et des acquis.

 

 


[i] Les chiffres alarmants de Statistique Canada sur certaines communautés culturelles publiés en février 2008 révélaient que le taux de chômage de la population en général est à 7% au Québec  contre 28% pour les Maghrébins. Les immigrants en provenance de l’Afrique noire ont un taux de chômage de 20% et les Haïtiens  sont à 17,8%.

 

 


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